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Enveloppes et revêtements extérieurs

Ravalement avec des produits organiques (supports en maçonnerie ou béton)

Points d'attention

Avant l'inspection du support, il convient de vérifier :

  • le rôle attendu de ce revêtement (décoration et/ou protection des façades, seul ou en association avec les autres éléments constitutifs du mur) ;
  • le type d'aléas probables et les investigations complémentaires nécessaires (reconnaissance support), ainsi que les prestations hors marché à faire réaliser (ventilation, isolation, fondations…).

Ensuite, l'inspection du support peut être menée en portant une attention particulière sur :

  • la nature du support (pierre, enduit…) ;
  • les répercussions de ce ravalement vis-à-vis de :
    • l'ensemble de la paroi (mur),
    • du transfert d'humidité,
    • de la condensation possible (dans le mur ou dans le bâtiment).

Cette analyse préalable permettra de déterminer :

  • l'adaptation au support (en fonction de la nature et de l'état de celui-ci) ;
  • le revêtement adapté : hydrofuge, lasure, peinture microporeuse de façades, RSE (revêtement semi-épais), RPE (revêtement plastique épais), RSI (revêtement souple d'imperméabilité) ;
  • les reprises de fissuration.

Pathologies potentielles

Les pathologies rencontrées le plus souvent concernent :

  • un écaillage du film de protection allant jusqu'au décollement ou au pelage (décollement partiel ou total), lié à :
    • une absence de préparation du support (décapage, impression fixante et pénétrante sur support pulvérulent, huiles de décoffrage non éliminées…),
    • une mise en œuvre sur support humide ou dans des conditions climatiques défavorables,
    • un revêtement inadapté ou incompatible avec un éventuel revêtement préexistant (par exemple : peinture silicate),
    • des remontées d'humidité par capillarité ;
  • un défaut de l'imperméabilité attendue du revêtement, seul ou en association avec la paroi, dû à :
    • une reprise de fissuration du support, si sa cause n'a pas été traitée,
    • une épaisseur du film insuffisante,
    • une absence d'armature pour revêtement I4 (disposition hors normes) ;
  • un cloquage du revêtement dû à :
    • une mise en œuvre sur un support humide ou en saison humide (humidité permanente ou intermittente du support). Le film étanche empêche alors l'évaporation de l'eau emprisonnée,
    • une réapparition du faïençage sensé avoir été masqué, en raison d'une épaisseur insuffisante du nouveau revêtement,
    • une condensation intérieure consécutive au non respect des prescriptions normalisées pour la perméabilité à la vapeur d'eau. L'application du revêtement empêche l'évaporation de l'humidité emprisonnée, venant de l'intérieur des logements.

Ce qu'il faut faire

Quelques précautions doivent être prises pour limiter les désordres possibles au niveau :

  • du diagnostic (reconnaissance ou étude préalable) de l'existant (nature et qualité), qui doit vérifier :
    • la constitution de la paroi côté intérieur (doublage, lame d'air…),
    • la nature du support : béton, maçonnerie de parement, maçonnerie enduite, etc.,
    • la présence de joints à traiter au mastic pour l'étanchéité de la façade,
    • les fissures existantes et leur origine, car ces fissures peuvent réapparaître si le problème existant n'a pas été traité,
    • si un ravalement est en place ; dans ce cas, il faut réaliser des sondages (adhérence, nature, épaisseur, faïençage…) ;
  • de la définition des travaux préparatoires nécessaires pour obtenir un état de surface des supports anciens comparable à celui de supports neufs. Prévoir les travaux nécessaires d'apprêt et de finitions : brossage, lavage ordinaire, époussetage, lavage sous pression à la machine, décapage chimique suivi de lavage, décapage mécanique au grattoir ou par projection d'abrasif, décapage thermique à la flamme, ponçage des reliefs existants, reprises d'enduit ou de béton (reprises d'épaufrures, de fissures, de cloquage) ou de maçonnerie ;
  • du choix approprié du revêtement organique en fonction du résultat attendu :
    • décoration : produits et mise en œuvre relevant du DTU 59.1 (hydrofuge, lasure, peinture ou RSE),
    • décoration, insensibilité à l'eau et résistance aux intempéries : produits et mise en œuvre relevant du DTU 59.1 (peintures microporeuses de façades ou RSE),
    • décoration, masque du faïençage, mise à l'abri des eaux de pluie et polluants atmosphériques et complément d'imperméabilisation des enduits : produits et mise en œuvre relevant du DTU 59.2 (RPE),
    • décoration, imperméabilisation ou étanchéité : en traitement curatif, produits et mise en œuvre relevant du DTU 42.1 (imperméabilité de type I1 à I4 selon leur fonction d'imperméabilité à l'eau de pluie) ;
  • de l'état de finition recherché, à définir ou à faire définir ;
  • de l'application du revêtement dans de bonnes conditions climatiques : température comprise entre 5 °C et 35 °C, et hygrométrie inférieure à 80 % ;
  • de la réception des ouvrages terminés (aspect, épaisseur, adhérence…) ;
  • du respect d'un délai d'application suffisant après exécution du support en liant hydraulique, y compris ragréage (par exemple 4 à 5 semaines minimum avant application d'un RPE).

Ce qu'il ne faut pas faire

Dans tous les cas, il faut veiller à ne pas :

  • mettre en œuvre par temps chaud et sec, ou en période de gel ;
  • mettre en œuvre sur un support non décapé ou mal préparé ;
  • réaliser un ravalement avant séchage total du support ;
  • appliquer un RPE sur des soubassements de murs sujets à des remontées d'eau par capillarité, ou sur des surfaces horizontales ou inclinées de moins de 45°, exposées à la pluie ;
  • appliquer des systèmes d'imperméabilité sur des parois en contact avec l'humidité ou exposées aux remontées capillaires : le revêtement sera descendu jusqu'à la coupure de capillarité ou, à défaut, arrêté à 0,25 m au-dessus du sol (terre, dallage, revêtement, etc.), ou faisant avec la verticale un angle supérieur à 10°.

Pour en savoir plus

Textes de référence

  • La norme NF DTU 42.1 Réfection de façades en service par revêtements d'imperméabilité à base de polymères (Indice de classement : P84-404) (novembre 2007).
    Nota : Ce document exclut les revêtements de teinte foncée (coefficient d'absorption du rayonnement solaire supérieur à 0,7), ainsi que les revêtements « incolores ».
  • Le DTU 44.1 (NF P85-210) Étanchéité des joints de façade par mise en œuvre de mastics (Indice de classement : P85-210) (février 2002).
    Nota : Ce document donne les principes de conception des joints de façade et les conditions de mise en œuvre des mastics pour leur calfeutrement.
  • Le DTU 59.1 (NF P74-201-x) Travaux de peinture des bâtiments (Indice de classement : P74-201-x) (date de dernière modification : octobre 2000).
    Nota : Ce document exclut les travaux sur enduits de plâtre extérieurs.
  • Le DTU 59.2 (NF P74-202-x) Revêtements plastiques épais sur béton et enduits à base de liants hydrauliques (Indice de classement : P74-202-x) (date de dernière modification : octobre 2000).
    Nota : Les travaux de RPE sur d'autres supports particuliers, ne sont pas visés par ce DTU.
  • Avis Technique pour tous systèmes autres que ceux prévus dans les DTU.

Documentation