Aménagements intérieurs
Isolation par l'intérieur
Points d'attention
Préalablement à toute réfection ou création d'une isolation, il convient de définir une performance thermique à atteindre.
Il faut ensuite établir un diagnostic de l'existant, notamment sur les points suivants :
- la nature de la pièce à doubler (pièce sèche ou humide) ;
- la présence de corps de chauffe situés sur les murs à doubler ;
- la présence de tuyauteries ou d'équipements électriques placés sur les murs à doubler ;
- l'interface menuiseries/coffres de volets roulants/oublages (jonction, finition, débattement des ouvrants, position des paumelles…) ;
- le comportement hygrothermique des murs à recouvrir ;
- la sécurité en cas d'incendie.
Pathologies potentielles
Les pathologies rencontrées le plus souvent concernent :
- la présence d'eau à l'intérieur des murs recouverts d'isolant ainsi que dans les autres murs ou cloisons. Son origine peut venir principalement :
- de la modification du comportement hygrothermique du mur : celui-ci a été modifié par l'ajout de l'isolant (ventilation naturelle du mur modifiée voire supprimée, température des surfaces modifiées) ou par le déplacement du point de rosée dans le mur,
- des remontées capillaires qui n'ont pas été traitées. L'eau, autrefois éliminée par la ventilation naturelle du mur, risque de s'accumuler,
- du pare-vapeur qui peut être défaillant (blessures, jonctions mal réalisées…) ou absent,
- de la ventilation qui n'est pas correctement assurée ;
- l'apparition de moisissures à certains points froids de la construction, due à :
- des ponts thermiques non traités,
- une ventilation insuffisante des pièces concernées ;
- l'inconfort dû aux pénétrations éventuelles d'air entre le nouvel isolant et les murs de façade, suite à des entrées d'air mal contrôlées ;
- le gel de canalisations lorsque celles-ci sont encastrées derrière l'isolant, coté extérieur ;
- l'incendie, lorsque le matériau choisi est inadapté à son usage (matériau combustible et inflammable) ;
- une dégradation de l'acoustique due à de mauvaises conditions de pose et à un isolant mal choisi.
Ce qu'il faut faire
Quelques précautions doivent être prises pour limiter les désordres possibles, au niveau :
- du client qui doit être averti que les dimensions de la pièce vont être légèrement diminuées ;
- de la définition des travaux : une opération d'isolation doit être menée de front avec la réalisation d'un dispositif de ventilation efficace (naturel, auto réglable, hygroréglable ou VMC), dès la phase de conception ;
- du traitement préalable des remontées capillaires si le mur en est l'objet ;
- du traitement préalable des défauts éventuels d'étanchéité extérieure ;
- de la détermination du nouveau point de rosée dans le mur : il faut s'assurer que le complexe isolant/pare-vapeur associé au système de ventilation ne peut pas être à l'origine de condensation de vapeur d'eau dans le mur ;
- du déplacement préalable des corps de chauffe, des prises de courant et de tous les équipements fixés contre les murs côté intérieur ;
- de la protection par une plaque de plâtre des isolants en plastique alvéolaire dans le cadre de la sécurité incendie (dans certains cas, d'autres matériaux isolants doivent être choisis) ;
- du traitement des ponts thermiques qu'il faut limiter, en particulier lorsque l'on vise un fort niveau d'isolation ;
- des entrées d'air parasite entre le mur et le doublage notamment au niveau :
- des coffres de volet roulant,
- des joints de préfabrication dans le cadre d'ouvrage préfabriqué (cas souvent complexe à régler),
- des percements de l'isolant (prises de courant…) ;
- de l'adaptation des coffres de volets roulants pour assurer ultérieurement l'entretien des mécanismes.
Ce qu'il ne faut pas faire
Dans tous les cas, il faut veiller à ne pas :
- laisser des canalisations de chauffage ou de plomberie derrière l'isolant : celles-ci pourraient geler ;
- avoir deux pare-vapeurs dans l'épaisseur du mur : en cas de renforcement d'isolation existante, s'assurer de la présence d'un seul pare-vapeur bien positionné pour ne pas emprisonner la vapeur d'eau ;
- isoler au-dessus d'un plafond, sous une toiture faiblement isolée : la difficulté de créer une réelle étanchéité du pare-vapeur peut permettre une migration de l'air humide sur des surfaces froides, ce qui engendrera une condensation inévitable.
Pour en savoir plus
Textes de référence
- Le DTU 25.1 (NF P71-201) Enduits intérieurs en plâtre (Indice de classement : P71-201) (projet de norme PR NF P71-201 septembre 2009).
- La norme NF DTU 25.41 Ouvrages en plaque de parement plâtre (Indice de classement : P72-203) (février 2008).
- Le DTU 25.42 (NF P72-204-x) Ouvrages de doublage et habillage en complexes et sandwiches plaques de parement en plâtre-isolant (Indice de classement : P72-204-x) (février 2003).
- Le Cahier de prescriptions techniques (CPT) n° 3477 Cloisons, contre-cloisons et complexes de doublages avec parement en plaques de plâtres hydrofugés de type H1 (Cahiers du CSTB - septembre 2003).
- Le Cahier de prescriptions techniques (CPT) n° 3582 Référentiel - Cloisons sous actions sismiques (e-Cahiers du CSTB - février 2007).
Documentation
- Le guide techniques Ventilation des bâtiments - Réhabilitation dans l'habitat collectif du CSTB (boutique CSTB).
