Le constat
La plupart des infiltrations de couvertures de bâtiments en petits éléments se produisent au niveau des points singuliers :
- liaisons entre versants (faîtages, noues, arêtiers) ;
- liaisons entre versants et murs (solins) et bordures de versants (rives latérales, égout) ;
- fixation ou intégration des panneaux solaires (thermiques, photovoltaïque) en toiture, qui présentent de nombreux points singuliers, pas toujours réalisés par des couvreurs.
Le diagnostic
Les désordres constatés trouvent leur origine
- Dans un défaut de conception
- mauvaise exposition du faîtage aux vents de pluie dominants ;
- coupes biaises de tuiles romanes au droit des noues, favorisant les infiltrations de neige poudreuse ;
- défaut de dimensionnement des noues et des chéneaux.

- Dans un défaut d'exécution
- défaut dans la fixation des éléments de rive et d'égout préconisée au DTU quelles que soient l'exposition et la pente de la couverture ;
- défaut dans la densité de fixation en zone courante préconisée au DTU en fonction de l'exposition et de la pente de la couverture ;
- oubli d'un solin ;
- absence de protection de la tête de solin contre le ruissellement le long de la paroi ;
- utilisation d'un matériau inadapté (ciment au lieu de mortier bâtard) pour les solins en mortier ;
- absence ou réalisation défectueuse de l'engravure des solins en zinc ;
- dans le cas de solins en zinc, largeur insuffisante du couloir d'évacuation longeant le mur ;
- relevé insuffisant des noues et couloirs ;
- recouvrement insuffisant de la première rangée sur noue.
À ces pénétrations continues s'ajoutent celles qui sont discontinues. Elles sont dues aux petits ouvrages isolés : souches de cheminées, lanterneaux d'éclairage, jouées de lucarnes, chiens-assis… Les problèmes ne diffèrent pas, en fait, des précédents : les jonctions le long des parois parallèles à la ligne de plus grande pente ou sur le devant de l'édicule sont du type «pénétration continue » et la jonction arrière est assimilable à un chéneau d'égout de toiture.
Les bonnes pratiques
- Concevoir la couverture de manière à faciliter l'écoulement de l'eau, en y opposant le moins d'obstacles possible.
- Tenir compte des exigences du site (situation géographique, degré d'exposition de l'ouvrage à réaliser), et anticiper : par exemple, seule la mise en œuvre d'un écran sous-toiture, même lorsqu'elle est facultative, peut prévenir les risques d'infiltration de neige poudreuse.
- Dans le cas d'intégration d'ouvrages de type panneaux CESI ou photovoltaïque dans la couverture, utiliser les éléments d'étanchéité adaptés à la nature et à la pente de la couverture.
- Attirer l'attention du maître d'ouvrage sur son rôle déterminant dans le bon fonctionnement des ouvrages au travers de l'entretien.
L'essentiel
- Respecter les critères de conception et d'exécution des points singuliers.
- Assurer un entretien régulier de la toiture.
A consulter
- DTU 40.21 à 40.25 : Couvertures en tuiles.
- DTU 40.35 : Couverture en plaques nervurées issues de tôles d'acier revêtues.
- DTU 65.10 : Canalisations d'eau chaude ou froide sous pression et canalisations d'évacuation des eaux usées et des eaux pluviales à l'intérieur des bâtiments.