Le constat
Les seuils de portes-fenêtres sont des ouvrages où les risques d'infiltrations sont importants, affectant aussi bien la pièce d'habitation attenante que l'étage inférieur.
Ces désordres représentent 3 % de la sinistralité générale. Les dommages vont de la simple flaque d'eau épisodique sur le carrelage à la dégradation des embellissements ou des cloisons en plâtre.
Ces infiltrations surviennent généralement par fort vent car il rabat l'eau vers la menuiserie avec souvent un effet ascendant.
Une évacuation insuffisamment rapide des eaux collectées par le balcon ou la terrasse peut aussi contribuer au désordre.
Le diagnostic des désordres
La cause la plus fréquente
Les dispositions constructives prévoient normalement :
- une hauteur de rejingot suffisante (40 mm mini) avec une pente de l'appui maçonné de 10 % : Voir extrait de DTU.
Les faces en contact doivent être régulières et horizontales afin de réduire l'interstice existant.
Le rejingot doit se retourner en tableau d'une seule pièce (évitant ainsi la fissure fréquente de reprise de coulage), afin d'évacuer l'eau à l'extérieur du mur. Voir schéma du DTU. - La mise en place d'un cordon d'étanchéité entre le rejingot et la menuiserie.
La continuité de ce cordon doit être parfaite et son épaisseur suffisante.
Sa mise en place, avant pose de la menuiserie, permet de mieux en contrôler l'application. Mais, trop souvent, ce calfeutrement est réalisé par extrusion rapide et sans fond de joint après la pose de la porte-fenêtre. Des vides, en particulier dans les angles, sont alors possibles, laissant l'eau passer.
Autres causes
Défauts propres à la menuiserie
On peut relever :
- le plus fréquent est le colmatage des drains du seuil ou de la pièce d'appui.
- la déformation ou le retrait des ouvrants non compensés par les joints.
- le manque de résistance de la pièce d'appui à la circulation.
- le défaut ou l'absence de larmier ("goutte d'eau").
Défauts de la maçonnerie
Les causes courantes sont :
- la liaison incorrecte entre l'huisserie et le tableau verticalement. L'infiltration se manifeste,alors, au niveau du seuil.
- L'absence de rejingot ou l'insuffisance de pente du seuil en béton .
Défauts conceptuels
Deux cas se présentent fréquemment sur les balcons ou terrasses :
- la continuité du plancher avec pose directe de la menuiserie.
Cette configuration est souvent aggravée par la mise en œuvre de carrelage ou chape en intérieur et en extérieur. - absence ou insuffisance de garde à l'eau. Constatée souvent en réhabilitation de terrasse après mise en œuvre d'un isolant et d'une protection.
- pente d'écoulement vers les descentes EP réduite ou rallongée (jusqu' à 2% le risque de rétention d'eau subsiste).
Les points sensibles
Concernant les menuiseries
Quel que soit le matériau, les menuiseries sont soumises à des textes normatifs (bois : DTU 36.1 et normes de la série NF P 23, métal : DTU 37.1 et normes de la série NF P 24, PVC : Avis Techniques,…) et sont classées en fonction de leur étanchéité à l'eau battante (classement AEV suivant DTU 36.1/37.1 NF.FDP 20-201 art. 4).
Concernant les interfaces
les DTU 20, 21 et 43 ainsi que les divers Avis Techniques (cf. CSTB) décrivent les dispositions concernant les seuils et les ouvrages extérieurs.
Dans tous les cas il faut veiller à éloigner les eaux de ruissellement et réduire le nombre d'ouvertures exposées aux vents.
Les conseils de prévention
Les risques d'infiltrations peuvent être réduits par :
- une bonne conception prévoyant tous les détails d'étanchéité, d'écoulement des eaux et éclaboussures ;
- une réalisation soignée et bien supervisée ;
- une coordination entre les corps d'état prenant en charge ce risque spécifique ;
- un entretien régulier des drains et calfeutrements (inspection, nettoyage et réparation).