Le constat
Les infiltrations se manifestent sous diverses formes, depuis de simples traces d'humidité ponctuelles sur la face intérieure des murs périphériques ou à la jonction entre murs périphériques et dallage, jusqu'à l'inondation totale du sous-sol.
Ce type de désordre concerne essentiellement les sous-sols réalisés en maçonnerie de petits éléments, et principalement les maisons individuelles. Mais des sous-sols réalisés en béton banché sont aussi susceptibles d'être concernés.
Le diagnostic
L'absence d'ouvrage
- Cuvelage non prévu ni réalisé alors que le niveau de la nappe phréatique est susceptible d'être supérieur à celui du dallage.
- Cuvelage non prévu ni réalisé alors que des ruissellements d'eau souterrains importants sont susceptibles d'atteindre le sous-sol.
- Drainage périphérique non prévu ni réalisé alors que des eaux souterraines (telluriques) ou de ruissellement sont susceptibles de s'accumuler contre les murs de sous-sol.
Le mauvais choix des revêtements extérieurs
- Emploi de revêtements inadaptés sur la face extérieure des murs périphériques. Une simple émulsion bitumineuse appliquée directement sur la maçonnerie n'apporte pas de protection efficace contre les infiltrations d'eau. Il faut, au minimum, un revêtement à fonction imperméabilisante, type enduit de mortier ou enduit bitumineux. Voire un revêtement étanche (type membrane bitumineuse collée) qui interdit tout passage d'eau.
- Les nappes à excroissances n'assurent aucune protection à l'eau car, n'étant pas collées, l'eau les contourne. Elles n'assurent qu'une protection mécanique des revêtements, ou sont intégrées à des systèmes de drainage en association avec d'autres matériaux.
Les défauts d'exécution
- Défauts d'exécution des drainages
- Drainage vertical inefficace : par absence de matériaux drainants ou de procédés drainants performants, contre toutes les surfaces de murs enterrés, ou mauvaise mise en œuvre;
- Mauvais raccordement de ce drainage vertical avec les drains ;
- Utilisation de drains type agricole (perforés de tous côtés) à la place de drains type bâtiment (perforations uniquement sur le dessus) ;
- Insuffisance de pente des drains, absence ou insuffisance d'exutoire des eaux recueillies par les drains. L'eau s'accumule alors contre les murs de sous-sol ;
- Absence de feutre géotextile, ou équivalent, empêchant le colmatage du système de drainage par entraînement des particules de terre ;
- Absence, mauvaise réalisation ou décrochage, par le compactage des terres de remblai, de la protection en tête du système de drainage (nappe à excroissances). La terre pénètre dans le système de drainage et le colmate ;
- Absence de regards de visite aux changements de direction des drains (impossibilité d'intervention en cas de colmatage).
- Défauts d'exécution des revêtements extérieurs des murs périphériques
- Nombre de couches de produit de revêtement inférieur aux préconisations du fabricant ;
- Omission de l'enduit de mortier préalable à la mise en œuvre de certains produits bitumineux ;
- Discontinuités du revêtement extérieur ;
- Manques localisés de revêtement autour des châssis de sous-sol, aux attentes de murets sur rampe de sous-sol, au niveau supérieur des sols.
- Défauts d'exécution des abords
- Remblais de fouille mal ou non compactés. Les cavités présentes dans ces remblais favorisent l'accumulation d'eau contre les murs de sous-sol ;
- Présence de trottoirs et terrasses en pavés autobloquants posés sur lit de sable, en pied de façade. Ils constituent des réservoirs d'eau ;
- Niveau excessif des sols extérieurs par rapport à celui du revêtement extérieur des murs de sous-sol : les ruissellements de surface passent par-dessus les arases étanches (ou coupures de capillarité). Les exigences en matière d'accessibilité nécessitent des dispositions particulières au moins au droit des accès ;
- Les pentes dirigées vers le bâtiment favorisent l'accumulation d'eau contre les murs enterrés ;
- Les cours anglaises, sauts-de-loup et tout aménagement en cuvette contre les sous-sols, et qui sont dépourvus de système de renvoi des eaux pluviales à bonne distance ;
- Défaut d'étanchéité des regards, réseaux enterrés, récupérateurs d'eau et autres à proximité des sous-sols ;
- Proximité excessive d'épandage de système d'assainissement non collectif;
- Absence ou fuite de gouttières et descentes d'eaux pluviales.

Les bonnes pratiques
- Réaliser impérativement une étude de sol préalable approfondie.
- Déterminer s'il faut un cuvelage ou un drainage périphérique, un revêtement imperméable ou étanche. Le cas échéant, renoncer à réaliser un sous-sol.
- Éviter d'aménager ultérieurement en lieu de vie ou d'habitation un local en sous-sol non conçu pour cet usage.
- Mettre en place une ventilation des locaux en sous-sol.
- Veiller à la bonne exécution des travaux prévus, en particulier au droit de tous les points singuliers, et au traitement des abords.
L'essentiel
- Définir avec le maître d'ouvrage l'usage final de ces locaux (stockage, parking, local habitable, ...).
- Faire réaliser une étude de sol préalable (nature du sol et circulation d'eau).
- Bien concevoir les murs de sous-sol.
- Bien choisir et exécuter les revêtements d'imperméabilisation et d'étanchéité.
A consulter
- NF DTU 20.1: Ouvrages en maçonnerie de petits éléments.
- DTU 14.1 : Travaux de cuvelage.
- Avis Techniques pour les procédés autres que traditionnels.