
AMÉNAGEMENTS INTÉRIEURS

Les peintures de sol sont le siège de divers désordres (décollements, craquelures, usure prématurée…) mettant en cause le choix du produit, sa mise en œuvre ou la qualité du support.
Lorsque le film entraîne plus que de la laitance, il s'agit d'un béton manquant de cohésion superficielle ou d'un ragréage non adhérent. Le décollement accompagné d'un écaillage se manifeste plus particulièrement dans les zones de trafic.
Le planning de chantier peut être mis en cause (application trop prématurée de la première couche, trop différée de la dernière couche).
Erreur de dosage, mélange manuel et temps de mûrissement du mélange non respecté sont autant de facteurs qui provoquent la formation de voiles ternes, voire un retard au séchage avec un durcissement de film différé au-delà de la mise en service normalement acceptable.
L'erreur de dosage du mélange peut aussi parfois provenir d'un vice de fabrication chez le fournisseur.
Les peintures de sol sont des films minces qui résistent plus ou moins bien à l'abrasion. Les plus résistants sont les polyuréthanes puis les époxy. Les moins résistantes sont les peintures alkyde-uréthane monocomposant.
Le choix d'un revêtement pour un environnement spécifique doit prendre en compte les produits utilisés ou fabriqués. Le fabricant du revêtement doit être impérativement consulté.
D'autres types de phénomènes peuvent être causes de désordres, comme la détrempe des supports bitumineux par les solvants de la peinture. De plus, l'ancien revêtement bitumineux doit avoir une assez bonne cohésion interne pour supporter les tensions du revêtement.
Les sols reçoivent des sollicitations mécaniques beaucoup plus importantes que les murs et les plafonds. De ce fait, les défauts de préparation du support ne pardonnent pas.
La méthode d'essai à la goutte d'eau n'est pas détaillée dans le DTU 59.3. Si la goutte reste en surface sans pénétrer, il convient de refaire le test après un essai de dérochage à l'acide. Si cela ne suffit pas, il faut envisager une méthode mécanique de dépolissage.
Elle doit être inférieure à 4 % de la masse. On la détecte à l'aide d'un humidimètre, d'un film plastique ou d'une solution colorée.
C'est le point faible dans beaucoup de parkings. La cohésion peut être appréciée par la résistance au lavage HP. Dans les parkings souterrains, faire attention aux zones qui ont pu être inondées juste après les coulages de béton. Si la mesure est effectuée au dynamomètre, le DTU 59.3 indique un minimum de 1 MPa, y compris pour les bétons ragréés.
Nota : le DTU renvoie, pour les ragréages proprement dits, à la norme NF P18-840 qui impose un minimum de 1,5 MPa. Cependant cette norme ne figure plus dans le corpus normatif, bien qu'encore citée par le DTU.
Le DTU 59.3 rappelle que la majorité des produits de peinture est bicomposant. L'ajout de résine ou de durcisseur, au lieu d'améliorer le séchage, ne peut que le retarder et conduire à un film terne, fragile, encrassable. Il est essentiel également de respecter le temps de séchage entre les couches.
Les peintures de sols sont bien souvent employées très au-delà de leurs capacités de résistance.
À savoir : en réponse aux préoccupations environnementales, un Eco-label européen a été créé pour la certification des peintures, mais les solvants restent encore très présents dans la composition des peintures de sol.