
AMÉNAGEMENTS INTÉRIEURS

Les peintures de sol sont le siège de divers désordres (décollements, craquelures , usure prématurée…) mettant en cause le choix du produit, sa mise en œuvre ou la qualité du support.
Dalles béton neuves, trop lisses et trop " fermées "
La peinture se décolle en lambeaux, la face en contact avec le béton est propre. Une goutte d'eau posée sur le béton ne pénètre pas : la surface manque de porosité et est inapte à recevoir un revêtement de peinture.
Humidité résiduelle de la dalle de béton
Le film forme des cloques. L'humidité ne se mesure véritablement in situ que par la méthode de la bombe à carbure. La pose d'un film de polyane sur la dalle permet uniquement d'apprécier de façon empirique la présence ou l'absence d'humidité avant mise en peinture.
Présence de laitance de béton
La peinture se décolle en lambeaux. On retrouve alors une fine couche de poussière collée à l'arrière du film de peinture.
Plus rarement, présence de produits de cure, voire d'huile ou de graisse sur des sols existants de locaux professionnels. Une analyse par chromatographie ou spectrométrie IR permet de confirmer la présence de produits étrangers.
Lorsque le film entraîne plus que de la laitance, il s'agit d'un béton manquant de cohésion superficielle ou d'un ragréage non adhérent. Le décollement accompagné d'un écaillage se manifeste plus particulière dans les zones de trafic.
Le planning de chantier peut être mis en cause (application trop différée de la dernière couche).
Erreur de dosage, mélange manuel et temps de mûrissement du mélange non respecté sont autant de facteurs qui provoquent la formation de voiles ternes, voire un retard au séchage avec un durcissement de film différé au-delà de la mise en service normalement acceptable.
L'erreur de dosage du mélange peut aussi parfois provenir d'un vice de fabrication chez le fournisseur.
Les peintures de sol sont des films minces qui résistent plus ou moins bien à l'abrasion. Les plus résistants sont les polyuréthanes puis les époxy. Les moins résistantes sont les peintures alki-uréthane mono-composant.
Le choix d'un revêtement pour un environnement spécifique doit prendre en compte les produits utilisés ou fabriqués. Le fabricant du revêtement doit être impérativement consulté.
D'autres types de phénomènes peuvent être causes de désordres comme la détrempe des supports bitumineux par les solvants de la peinture.
De plus, l'ancien revêtement bitumineux doit avoir une assez bonne cohésion interne pour supporter les tensions du revêtement.
La méthode d'essai à la goutte d'eau n'est pas détaillée dans le DTU 59.3. Si la goutte reste en surface sans pénétrer, il convient de refaire le test après un essai de dérochage à l'acide. Si cela ne suffit pas, il faut envisager une méthode mécanique de dépolissage.
Elle peut être mesurée à l'aide d'un humidimètre.
C'est le point faible dans beaucoup de parkings. La cohésion peut être appréciée par la résistance au lavage HP. Dans les parkings souterrains, faire attention aux zones qui ont pu être inondées juste après les coulages de béton. Si la mesure est effectuée au dynamomètre, le DTU 59.3 indique un minimum de 1 MPa, y compris pour les bétons ragréés. Cependant, le même DTU renvoie, pour les ragréages proprement dits, à la norme P18-840 qui impose un minimum de 1,5 MPa.
Le DTU 59.3 rappelle que la majorité des produits de peinture est bicomposant. Les proportions préconisées doivent absolument être respectées. L'ajout de résine ou de durcisseur, au lieu d'améliorer le séchage ne peut que le retarder et conduire à un film terne, fragile, encrassable.
Les sols reçoivent des sollicitations mécaniques beaucoup plus importante que les murs et les plafonds. De ce fait, les défauts de préparation du support ne pardonnent pas.
Enfin, il ne faut pas demander aux peintures en film mince les performances des sols industriels. Les peintures de sols sont bien souvent employées très au-delà de leurs capacités de résistance.