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Fondation d'entreprise Excellence SMA

Fiches Pathologie

STRUCTURES ET GROS OEUVRE

Les défauts de traitement des bois

Le constat

Trois groupes principaux d'agents biologiques causent des dégradations observées sur les bois en œuvre.
Il s'agit des insectes à larves xylophages (ILX), des champignons et des termites.

  • L'attaque des ILX se caractérise généralement par les trous d'envol de l'adulte en surface du bois et des vermoulures (déjections) accumulées dans les galeries creusées par la larve
  • Le développement des champignons sera mis en évidence par :
    • une dégradation de l'aspect du revêtement du bois ;
    • une zone attaquée de moindre résistance que l'on peut tester avec un instrument comme un tournevis ou un couteau.
  • L'attaque des termites est sournoise car les insectes sont capables de circuler dans d'autres matériaux de construction (isolant, gaines électriques) pour se rendre vers les pièces de bois.

Le diagnostic

Insectes à larves xylophages

L'essence de bois attaquée, le diamètre et la forme du trou d'envol et des galeries, la forme et la granulométrie des vermoulures, donnent des indications quant à l'identité de l'insecte à l'origine des dégâts.

Les insectes les plus fréquemment rencontrés sont les capricornes, les vrillettes et les lyctus.

Champignons de pourriture

Le développement de champignons dans le bois est la conséquence du maintien d'une humidité relative supérieure à 20 % dans tout ou partie d'éléments de construction en bois ou à base de cellulose (carton). Les filaments mycéliens se développent alors en surface puis à l'intérieur du bois afin de trouver leur nourriture, pour ne laisser derrière eux que de la pourriture.

La pourriture prend plusieurs formes selon son aspect visuel :

  • pourriture cubique (bois clivé en cubes, aspect sombre, « brûlé » du bois) ;
  • pourriture fibreuse (bois très clair, défibrillé) ;
  • pourriture molle (bois d'aspect ramolli ou clivé en petits cubes peu profonds).

Termites souterrains

Vivant dans la terre, les colonies de termites infestent le bois à la recherche de nourriture. Sensible à la sécheresse de l'air, le termite réalise des tunnels aériens appelés « cordonnets » afin de traverser les vides ventilés ou contourner les matériaux trop durs.

L'aspect des dégâts est caractéristique, les termites préférant les parties plus tendres du bois (bois de printemps). Leur attaque se matérialise par un aspect feuilleté des bois dégradés.

Nota : le FCBA a développé une technique pour déceler acoustiquement la présence des insectes dans le bois par le bruit de leurs mandibules.    

En cas d'infestation, un traitement curatif est indispensable (voir fiche B.12).

Les bonnes pratiques

Concevoir l'ouvrage

De façon à éviter l'exposition prolongée à l'eau

  • Par les rejaillissements : arase sanitaire de 20 cm minimum entre une pièce de bois (poteau ou bardage) avec le sol.
  • Par un rejet des eaux : bavettes, couvertines.

En choisissant des matériaux adaptés

  • Bien évaluer la classe d'emploi des bois (en fonction des 4 paramètres suivants : la salubrité de la conception, les conditions climatiques d'humidification, l'orientation du ou des vents de pluie dominants, la massivité des pièces de bois).
  • Bien choisir l'essence (durabilité naturelle, ou imprégnabilité suffisante pour la durabilité conférée).
  • Bien choisir le traitement préventif (produit et procédé de traitement) contre les agents pathogènes (termites, champignons/moisissures, ILX).
  • Adapter les finitions à l'usage.

Réaliser l'ouvrage

  • Le drainage des assemblages, qui ne doivent pas constituer des pièges à eau, est indispensable.
  • Supprimer les pièges à eau éventuels.
  • Choisir le produit de finition adapté (lasure, peinture microporeuse, …).

Tous les bois de structure doivent être traités contre les ILX, après coupe et taille.

Les DTU apportent les préconisations minimales pour définir les ouvrages en bois et pour supprimer tout risque d'exposition prolongée à l'eau : ne pas enfermer le bois et s'assurer que l'eau pourra s'évacuer rapidement sans s'accumuler.

Les dispositions constructives sont à adapter en fonction du lieu du projet (bord de mer, montagne…).

Dans les départements soumis à l'obligation préfectorale pour la lutte contre les termites, l'arrêté du 27.06.2006 préconise :

    • un traitement préventif des bois de structure contre les termites et les ILX ;
    • une barrière à l'interface sol/bâti réalisée soit par une barrière physique, soit par une barrière physico-chimique, soit par des dispositions constructives contrôlables (hors DOM- TOM pour cette dernière). Cf. plaquette de la DHUP.
  • Demander les attestations de traitement des bois.
  • Stocker les bois hors sol, en phase chantier, et les protéger si l'exposition aux intempéries dépasse 15 jours.
  • Attirer l'attention des particuliers sur le caractère potentiellement pathogène des travaux qu'ils se réservent. Exemple : le carrelage scellé sur chape d'une terrasse réduit l'arase sanitaire des poteaux sur platine métallique.

L'essentiel

  • Supprimer tout risque d'exposition prolongée à l'eau.
  • Bien évaluer la classe d'emploi et l'essence de bois correctes.
  • Bien choisir les traitements préventifs.

A consulter

  • Loi du 8 juin 1999 tendant à protéger les acquéreurs et propriétaires d'immeubles contre les termites et autres insectes xylophages.
  • Décret du 23 mai 2006 et arrêté du 27 juin 2006 relatifs à la protection des bâtiments contre les termites et autres insectes xylophages.
  • XP P03-201 (termites) et NF P03-200 (autres parasites), relatives aux modalités de diagnostic technique.
  • NF EN-335-2 : Durabilité du bois et des matériaux dérivés du bois - Définition des classes d'emploi.
  • NF EN-350-2 et NF EN-460 : Durabilité naturelle du bois massif.
  • NF EN-599-1 : Efficacité des produits préventifs de préservation du bois établie par des essais biologiques.

Fiche mise à jour : avril 2012

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