Le constat
Bien que de technique typiquement traditionnelle, les façades en briques apparentes sont à l'origine de nombreux sinistres liés aux infiltrations d'eau. L'inadaptation de certains murs aux conditions atmosphériques, le manque de soin apporté aussi bien à la définition des détails de conception qu'à la qualité de l'exécution sont les principales origines des désordres.
Le diagnostic des désordres
On distingue :
- les murs simples qui ne comportent qu'une paroi de maçonnerie. Etanche dans sa masse, ce mur ne reçoit pas de revêtement d'étanchéité ;
- les murs doubles qui comportent deux parois distinctes séparées par une lame d'air. Celle-ci joue le rôle de barrière à la pénétration de l'eau.
Première cause
Le type de mur est inadapté aux conditions climatiques. En raison de la relative porosité de la brique, les murs réalisés à partir de ce matériau sont sensibles aux conditions climatiques (pluie, vent). Le DTU 20.1, partie 3, définit 4 types de murs (type I à IV, par ordre de résistance à la pénétration de la pluie croissante).
Cette classification se fonde sur les principes suivants :
- Mur simple : la conception de ce mur est basée sur le principe qu'une certaine quantité d'eau, selon les conditions d'exposition, peut traverser la maçonnerie au bout d'un certain temps. Pour l'arrêter, on applique habituellement un enduit sur la face intérieure du mur ;
- Mur double : le principe de ce mur est de rejeter l'eau qui pénètre au travers de la première paroi.
L'exigence du type de mur en fonction de l'exposition à la pluie de la façade se trouve au chapitre 5 du DTU suscité.
Deuxième cause
Des erreurs de conception au niveau des points singuliers.
En pied de mur
- Mur simple : hormis la coupure anticapillaire horizontale habituelle pour toutes les maçonneries, aucune disposition particulière n'est exigée réglementairement. Mais, compte tenu du principe de fonctionnement de ce mur, l'eau s'accumule en partie basse du mur par simple effet de la gravité. Il est donc indispensable de prévoir des dispositifs l'empêchant de pénétrer à l'intérieur des bâtiments : décaissé de dalle (3 cm minimum) ou profilé en équerre.
- Mur double : les eaux d'infiltration se retrouvent en partie basse de la lame d'air. Les dispositifs avec décaissés et profilés rigides de rejet d'eau, associés à la création de joints dégarnis en partie basse de la paroi extérieure, sont trop souvent oubliés.
Ouvertures dans les murs
- Cas des appuis en briques : Réalisés à partir de briques à chant posées avec une faible pente, ils sont forcément le siège privilégié d'infiltrations. Une étanchéité complémentaire en partie inférieure, à base de feutre bitume, est indispensable. Dans le cas du mur double, l'absence d'étanchéité conduira inévitablement à des infiltrations puisque ces briques à chant chevauchent la lame d'air ;
- Cas des appuis en béton : Le point faible de ces ouvrages se situe aux extrémités. En raison des épaisseurs d'isolant intérieur couramment employées, le rejingot se trouve souvent en retrait de la face intérieure du mur. Il est impératif qu'il dépasse d'au moins 4 cm les tableaux de part et d'autre de l'ouverture en se retournant sur le mur.
Troisième cause
Une qualité d'exécution défectueuse
Nota : Les éléments de maçonnerie en terre cuite (brique) ont fait l'objet d'un arrêté en date du 2 juillet 2004 paru au JO du 24 juillet 2004 et d'un avis paru au JO du même jour leur portant application des dispositions relatives au marquage CE. Depuis le 31 novembre 2008, les briques non marquées CE ne peuvent plus être commercialisées. La présence du marquage CE sous-entend la conformité d'une brique à la norme européenne harmonisée EN-771-1. Ce marquage remplace une partie des anciennes exigences nationales sur le produit.
- joints de briques (cas d'une pose à joints épais) : respecter le dosage en liant (300 à 400 kg de ciment par m3 de sable sec), bien garnir les joints et les serrer.
Les points sensibles
L'étanchéité des murs en briques apparentes est principalement liée à la qualité d'exécution et notamment :
- le bourrage correct des joints verticaux ;
- la réalisation d'un dispositif efficace de rejet des eaux en pied de mur, ce dispositif devant se retrouver au niveau de chaque plancher d'étage. Pour réaliser ces ouvrages, on se référera à la norme NF P 10-202 (DTU 20.1).
Les conseils de prévention
Sous son apparente simplicité, ce type de mur est en fait un ouvrage très technique.
Il est donc indispensable de veiller à bien définir sa conception, tant d'ensemble que de détail, et surtout de porter un soin tout particulier à son exécution (respect de la lame d'air pour les murs doubles, par exemple).