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Fondation d'entreprise Excellence SMA

Fiches Pathologie

ÉQUIPEMENTS

« Corrosion des circuits d'eau sanitaire en acier »

Le constat

Traditionnellement associés au cuivre et plus au PER, les tubes en acier galvanisé ont été successivement utilisés dans la construction de bâtiment à usage d'habitation collective, hôtellerie, hôpitaux, maison de retraite, enseignement,...

Or, l'emploi de ce matériau est soumis à des règles strictes de conception, mise en oeuvre et entretien, qui lorsqu'elles ne sont pas respectées, risquent d'entraîner la ruine de l'installation. Suivant l'avancement du processus, on se trouve en présence de :

  • Coloration de l'eau (jaune à rouge) aux points de puisage à utilisation irrégulière.
  • Pustules à l'intérieur des " Manchettes témoins ".
  • Colmatage de préfiltres des robinetteries.
  • Fuites au droit des raccords vissés.
  • Perforation de conduite.

Le diagnostic des désordres

Parmi les principaux phénomènes, on distinguera :

1. La corrosion par oxygène dissous

Elle donne lieu à des piqûres plus ou moins profondes avec un dépôt d'hydroxyde ferreux - Fe (OH)² - lui-même recouvert d'hydroxyde ferrique - Fe (OH)³. (Pustules de corrosion)

2. La corrosion galvanique

En présence dans un même milieu aqueux, deux métaux différents, suivant leur facilité à s'ioniser, deviennent respectivement anode et cathode.
Il s'établit une différence de potentiel entre eux. Plus celle-ci est importante, plus grande va être la dissolution de l'anode.

3. La corrosion par aération différentielle

Un élément métallique, immergé dans une solution aqueuse et soumis à une oxygénation plus importante qu'un autre élément du même métal, va réagir en anode vis à vis du second. Ce dernier va donc se corroder.

4. La corrosion par développement de micro organismes

On citera pour mémoire ce phénomène qui ne peut intervenir que dans le cas d'une stagnation prolongée de l'eau dans le réseau. L'effet de bactéries sulfato-réductrices peut provoquer des corrosions spectaculaires.

Les points sensibles

La qualité des tubes

Le respect des critères minimum de fabrication imposés par les normes est essentiel pour la pérennité de l'installation. Il peut être simplement rappelé que la qualité de l'acier et celle de l'élaboration du tube sont aussi importantes que l'épaisseur et la régularité de la galvanisation dans la pathologie relevée sur ce type d'installation.

Il devra nécessairement être vérifié l'affichage à intervalles réguliers (tous les 1,5 m) de la norme NF de fabrication.

La qualité des eaux

Il est primordial de rappeler que toutes les eaux distribuées ne sont pas aptes à être véhiculées dans les tubes en acier galvanisé, même après traitement.

A ce sujet, l'article R1321-55 du code de la santé publique, impose que dans une installation collective, le consommateur final dispose d'une eau froide non soumise à un traitement complémentaire de la qualité de l'eau. Cela se traduit par l'impossibilité de protéger par traitement les tuyauteries de distribution d'eau froide en acier galvanisé. Seul le traitement de l'eau chaude reste admis, pourvu que le dispositif anti-corrosion bénéficie d'un avis technique du GS19.

L'additif n°4 du DTU 60.1 (NF P 40.201) fixe précisément les seuils à respecter pour l'eau froide. Ces seuils sont encore plus restreints pour l'eau chaude.
La prescription pour une installation de ce type doit être impérativement précédée d'une vérification de ces critères.

Nota : La qualité des eaux distribuées variant au cours du temps, il appartient au propriétaire de l'installation de vérifier leur qualité et leur conformité aux critères retenus pour l'emploi de l'acier galvanisé.

La qualité de l'installation

Le concepteur et le réalisateur doivent veiller à assurer une parfaite compatibilité des métaux entrant dans la composition de l'installation sous peine de création de couples galvaniques.
Il apparaît encore nécessaire de rappeler qu'en particulier, la présence de cuivre en amont du réseau en acier galvanisé est formellement interdite.

De même, il ne parait pas encore acquis que les températures du fluide ne doivent en aucun cas dépasser 60°C. Il est souhaitable de limiter celle-ci à 53°C, voire en deçà, lors des premiers mois d'utilisation. En effet, les hautes températures favorisent le dégazage de l'oxygène et la dissolution du zinc.
La purge des gaz dissous est également un point clé pour la longévité de l'installation. La géométrie du réseau et le positionnement judicieux des purgeurs doivent contribuer à leur évacuation aisée.

Enfin, la qualité de réalisation des assemblages et en particulier celle du filetage et de l'étanchéité au droit des raccords vissés peut être à l'origine de corrosions localisées ou aéro-différentielles.

La qualité de l'entretien

L'ensemble des critères de compatibilité avec une installation en acier galvanisé doit être vérifiée non seulement lors de la conception, mais tout au long de l'exploitation du réseau. Un cahier d'entretien devra en particulier attester :

  • D'analyses régulières des caractéristiques physico-chimiques de l'eau brute
  • Des contrôles de réglages et d'alimentation en produits de traitement d'eau
  • De la surveillance de la température de l'eau distribuée
  • De l'inspection des "manchettes témoin"

En sus, des précautions particulières doivent être adaptées pour éviter la stagnation prolongée de l'eau et le développement de micro-organismes.

Les conseils de prévention

L'utilisation d'acier galvanisé reste une solution technique fiable et économiquement adaptée.

Toutefois sa prescription doit être effectuée qu'en parfaite connaissance de la nature des eaux distribuées et sa mise en oeuvre doit respecter les règles de l'art et apporter à la réalisation des assemblages un soin particulier.

Une information précise devra au besoin être assurée auprès du maître d'ouvrage, afin que l'installation soit conduite et entretenue par un professionnel compétent.

Fiche mise à jour : juillet 2009

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