Fiche pathologie bâtiment - Désordres des sols industriels


Fiche numéro F4
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Le constat

Trop souvent considérés comme accessoires, les revêtement de sol industriels subissent des désordres divers :

  • décollements de l'interface béton/résine rapidement suivis d'un craquèlement puis de la destruction du revêtement ;
  • usure ou traces d'impacts ;
  • fissuration ;
  • glissance excessive.

Les points 2 et 3 peuvent également évoluer vers des décollements.

Le diagnostic

Ces désordres ont trois origines possibles :

  • le produit (défaut de préconisation, de qualité) ;
  • le support (résistance mécanique insuffisante, humidité, défaut de préparation) ;
  • la mise en œuvre (qualité d'exécution, non-respect des préconisations d'emploi des produits).

Par le terme « sols industriels », on désigne trois types d'ouvrages continus :

  • les sols à base de résines (à ne pas confondre avec les peintures de sol i sont des films minces cf. fiche F8) ;
  • les chapes incorporées ;
  • les sols rapportés à base de liants hydrauliques adjuvantés de résines.

Les décollements

Les décollements résultent la plupart du temps d'un défaut de préparation du support. Celui-ci doit être sain, donc cohésif, propre et sans laitance. Il doit également être suffisamment poreux pour permettre la pénétration du primaire d'accrochage, plus fluide et plus mouillant que la résine coulée en finition. Le nombre de tests permettant d'apprécier les caractéristiques du support doit être adapté à la surface des sols à réaliser.

L'humidité sous-jacente des dallages est un facteur déclenchant du décollement lorsque l'adhérence est médiocre.
Lors des travaux, le support doit être sec en surface. La réfection des sols d'industries alimentaires, constamment lavés, pose d'ailleurs des problèmes de phasage des travaux.

La présence de granulats, sensibles à l'alcali-réaction, est un facteur de détérioration du revêtement inhérent au support.

L'usure et les impacts

L'usure et les impacts résultent d'un choix du revêtement inadapté aux sollicitations mécaniques ou chimiques.

La résistance intrinsèque du revêtement n'est pas le seul gage de résistance. La réalisation des points singuliers doit être également soignée et faire partie de la conception même des ouvrages. Par exemple, les revêtements doivent être ancrés au bord des caniveaux. Les relevés en plinthes doivent être réalisés sur un matériau résistant aux chocs, etc.

Les fissures

Les fissures résultent de mouvements du support ou de chocs thermiques : présence de machines, lavages à l'eau chaude… Les joints de dilatation du support et de fractionnement du revêtement doivent être respectés.

La glissance

En présence de produits gras ou d'humidité, les sols peuvent devenir dangereusement glissants. La norme expérimentale XP P05-011 traite des exigences en matière de glissance pour l'industrie agroalimentaire. Il n'y a pas d'autre référentiel pour les autres industries, aucune concernant la glissance des sols industriels coulés, qu'ils soient hydrauliques ou à base de résines.

Les bonnes pratiques

Bien connaître les documents de référence, sachant que les sols industriels continus ne relèvent pas d'un DTU.

  • S'inspirant du classement UPEC, le CSTB a établi un référentiel technique permettant de classer les locaux (classement I/MC) et les revêtements (classement P/MC). Le cahier en cours de validité est le n° 3577 V3 de janvier 2010.
  • Le DTU 59.3 applicable aux peintures de sol est une bonne base en ce qui concerne la préparation du béton avant application de revêtements en résine.
  • L'Affar (Association fançaise des formulateurs et des applicateurs de résine) a édité des recommandations concernant notamment le traitement des points singuliers (voir détail découpage des surfaces, fissures, joints de retrait, joints périphériques).

Bien intégrer les contraintes inhérentes à la réparation d'un sol industriel, beaucoup plus fortes que lors de la réalisation initiale de l'ouvrage :

    • sol mouillé ou gras ;
    • impossibilité d'arrêter la production ;
    • pollution d'aliments par les émanations des produits non polymérisés ;
    • sols gelés ;
    • impossibilité de déplacer certaines machines.

En particulier :

    • conception : le CCTP doit être détaillé et le cahier des charges doit préciser toutes les exigences inhérentes aux conditions d'exploitation et contraintes auxquelles sera soumis l'ouvrage ;
    • support : ne pas omettre les contrôles d'humidité et de résistance (compression, cohésion, porosité) et porter une attention particulière à la préparation du support ;
    • mise en œuvre : la réalisation doit être soignée (application des couches dans l'ordre et les quantités fixées), à l'abri des intempéries, et permettre le respect des temps de séchage.

L'essentiel

  • Accepter le support.
  • Définir les travaux de préparation nécessaire en fonction de la finition choisie.

A consulter

  • Article R4214-3 du code du Travail relatif à la glissance des sols.
  • DTU 59.3 : Peintures de sol.
  • NF DTU 54.1 : Revêtements de sols coulés à base de résine de synthèse.
  • XP P05-011 : Revêtement de sol - Classement des locaux en fonction de leur résistance à la glissance.
  • Guide Technique « Sols à usage industriel » - E-cahier n° 3577 V3 du CSTB.
Date de parution
Septembre 2013