Fiche pathologie bâtiment - Fissuration et décollement des carrelages de sol dans l’habitat


Fiche numéro F2
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Le constat

Le raccourcissement des délais de construction, les contraintes esthétiques et une mise en œuvre déficiente ont été à l'origine de la plupart des fissurations et décollements des carrelages de sol des années récentes.

Aujourd'hui, c'est plutôt la fissuration qui représente l'essentiel de la pathologie des carrelages. Son origine provient essentiellement du retrait excessif de la chape ou du mortier de scellement support. Les chapes sont mises en œuvre, soit seules, soit associées à des isolants avec ou sans plancher chauffant.

Le rôle du support est devenu important dans la pathologie du carrelage.

Le diagnostic

Le carrelage traduit rapidement les pathologies de son support et de sa mise en œuvre. Les dommages les plus fréquents sont présentés ici :

La fissuration

La fissuration se développe linéairement dans diverses directions, notamment aux emplacements les plus sensibles (angles rentrants ou saillants, passage de porte, charge concentrée, devant les baies vitrées…). Elle traduit une déformation des couches constituant le support du carrelage due à :

  • La souplesse du plancher porteur (flexion excessive du plancher bois entre solives, flexion anormale d'un plancher béton et traction au droit des appuis) ;
  • Un fléchissement localisé du support dû à une charge concentrée sans renfort ;
  • Le tassement différentiel de l'isolant thermique ou phonique (présence de points durs, inadaptation ou défaut de mise en œuvre du matériau isolant) ;
  • Le franchissement d'un joint de gros  œuvre sans précaution (non-prise en compte des joints de construction, de dilatation, de rupture ou des changements de matériaux) ;
  • L'absence de joint de fractionnement ou de joints périphériques ;
  • Le retrait de la chape ou du mortier de pose (pose prématurée sur un support récent, dosage en ciment trop riche ou eau en excès, finesse et composition du ciment, respect et remplissage des joints de carreaux, défaut d'armature de la chape, mise en chauffe des planchers chauffants après la pose du carrelage, non-respect des conditions d'application des chapes liquides).

Le décollement des carreaux

Le décollement des carreaux a pour causes principales :

  • Une mauvaise préparation du mortier de pose ou une mise en œuvre (simple ou double encollage, simple ou double barbotinage) qui n'optimise pas l'adhérence, surtout si le carrelage est peu poreux ou relativement lisse en sous-face ;
  • Une préparation insuffisante du support (traces de plâtre ou présence de poussières, défaut de planimétrie entraînant des surépaisseurs de colle…) ;
  • Une mise en œuvre de la colle ne respectant pas les prescriptions du fabricant (temps d'ouverture, simple ou double encollage…) ;
  • Une décohésion du plan de collage sous les effets de l'humidité (remontées d'humidité dans le cadre des chapes fluides anhydrites, sulfate de calcium) ;
  • Une absence d'application d'un primaire adéquat, compatible avec les colles.

Le soulèvement

Le soulèvement peut survenir de façon brutale après un réchauffement rapide du carrelage, alors que le support est encore à une température inférieure, ou après retrait du gros œuvre dans les premières années.

La cause principale est une mise en compression du revêtement due :

  • Au retrait du support si le carrelage est posé prématurément ;
  • Aux variations dimensionnelles thermo-hygrométriques ;
  • À l'absence de joints périphériques et de fractionnement (facteur le plus souvent aggravant) ;
  • À la flexion des planchers.

Si à ces différents facteurs s'ajoute un collage ou un scellement défaillant, le revêtement carrelé se soulève par flambement.

Nombre de fissures ont pour origine l'incorporation de canalisations (électricité, plomberie) dans le mortier de pose (réduction localisée de son épaisseur), sans ravoirage (pourtant obligatoire).

Les bonnes pratiques

Vérifier

  • La hauteur de réservation.
  • La mise en œuvre d'un ravoirage si nécessaire.
  • Le type de support (chape ordinaire, chape à base de sulfate de calcium, chape à base de ciment ...).
  • Les conditions de pose du carrelage (délais de séchage et nature du support).
  • La présence de joints (périphériques et de fractionnement).
  • Respect des caractéristiques d'encollage des carreaux (simple, double, quantité de colle).
  • L'épaisseur et le dosage du mortier de scellement, chape ou dalle.
  • La planéité du support (propreté, cohésion et état de surface...).
  • La qualité de l'isolant (compres­sibilité).
  • Le positionnement du treillis dans la chape.
  • Le classement du carrelage adapté à l'usage (classement UPEC).

Préchauffer éventuellement les locaux avant pose

Veiller à la bonne mise en œuvre d'un carrelage sur un plancher chauffant

La mise en œuvre du carrelage ne peut se faire que 48 heures après extinction du plancher chauffant. La remise en service du chauffage ne peut avoir lieu qu'au moins 2 (pose collée) ou 7 (pose scellée) jours après la fin des travaux de revêtement.

L'essentiel

  • Vérifier le bon état du support.
  • Ne pas omettre les joints périphériques et de fractionnement.
  • Respecter les délais entre chaque étape et avant mise en chauffe d'un plancher.

A consulter

  • NF DTU 52-1 : Revêtements de sol scellés.
  • NF DTU 52-2 Partie 1-1-3 : Pose collée des revêtements céramiques et assimilés - Pierres naturelles.
  • NF DTU 26.2 : Travaux de bâtiment - Chapes et dalles à base de liants hydrauliques.
  • DTU 26.2/52.1 : Mise en œuvre de sous-couches isolantes sous chape ou dalle flottante et sous carrelage.
  • e-Cahiers du CSTB 3522, 3666, 3659, 3509, 3526, 3606, 3527, 3528, 3529 et 3530.
Date de parution
Septembre 2013