Fiche pathologie bâtiment - Décollement de revêtements de sols souples collés


Fiche numéro F1
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Le constat

Les revêtements de sols souples collés sont fréquemment soumis à des phénomènes de cloquage ou de décollement, dont la cause la plus fréquente est la trop forte humidité du support.
Un défaut de préparation du support peut aussi être à l'origine de décollements.

Le diagnostic

Un revêtement de sol souple collé associe différents éléments.

  • Le support : le revêtement mis en œuvre sur support neuf (plancher béton surfacé, dallage béton sur terre-plein, chape de mortier ou fluide à base de ciment ou plancher bois) ou ancien (avec conservation éventuelle du revête­ment de sol existant et/ou de sa colle).
  • Les produits de préparation de la surface : le support est éventuellement traité à l'aide d'un primaire. Il peut être ensuite recouvert d'un enduit de lissage de quelques millimètres.
  • Les adhésifs : les colles sont à base de résine acrylique en émulsion dans l'eau.
  • Le revêtement proprement dit (à base de PVC, de caoutchouc ou de linoléum).

Le cas particulier des chapes à base de sulfates de calcium (autrement appelées chapes anhydrites) n'est pas traité dans cette fiche.

Les revêtements de sols souples sont étanches à l'eau et à la vapeur d'eau.
Ils empêchent l'évaporation de l'eau en excès dans le support, ce qui retarde la prise de la colle qui reste poisseuse. L'augmentation de la tension de vapeur due à un écart de température peut entraîner le soulèvement du revêtement. Le phénomène affecte davantage les revêtements en lés que les revêtements en dalles (dont les joints  laissent s'échapper un peu d'humidité).

La présence d'eau peut avoir comme origine

  • L'eau qui a servi à la fabrication du béton : l'eau libre s'évapore au contact de l'air. Ce séchage n'est rapide qu'en surface (3 cm).  Au-delà, il peut prendre des mois voire des années si les conditions sont défavorables.
  • Certaines configurations défavo­rables, comme les planchers intermédiaires collaborants : le bac acier en sous-face empêche l'évaporation par le dessous. La pose du revêtement arrête donc complètement le séchage.
  • Les venues d'eau extérieures concernent les planchers sur vide sanitaire ou cave, peu ventilés, et donc exposés aux remontées d'humidité. Ces remontées par capillarité peuvent entraîner la rupture de cohésion de l'enduit de lissage.

Le cas particulier des dallages.

Dans le passé les dallages sur terre-plein se trouvaient, après pose de revêtement souple, entre deux barrières étanches formées par le revêtement au-dessus et un polyane en dessous : l'humidité résiduelle au moment de la pose en resterait définitivement prisonnière.

Les bonnes pratiques

  • Établir le planning d'intervention en amont du chantier.
    Dès cette étape, il convient de réserver le temps de séchage nécessaire.
  • Réceptionner le support.
    Pour éviter la formation de cloques ou les décollements, l'entreprise devra impérativement vérifier que le support est propre en surface, sec même en profondeur et qu'aucune humidité ne pourra remonter dans celui-ci.

    La norme fixe à 4,5 % la siccité au-delà de laquelle la pose du revêtement souple est interdite. Dans les conditions habituelles de chantier, cette valeur est difficile à obtenir, voire quasi impossible dans des cas comme celui des planchers collaborants. La pose doit donc systématiquement être précédée d'une mesure de la teneur en eau du support  avec une « bombe au carbure » ou avec une « sonde hygrométrique ».
  • Bien préparer le support
    • S'assurer que le support est propre (absence de produit de cire, de plâtres…) et sec (humidité inférieure ou égale à 4,5 % en masse) et qu'un primaire compatible avec le mortier de ragréage a été appliqué, afin d'éviter d'éventuelles interactions négatives (cristallisations, gonflements, des­truc­tu­rations) entre le support et le mortier de ragréage autolissant sus­cep­­ti­bles de soulever le revêtement de sol souple.
       
    • Les microfissures de retrait du béton doivent être rebouchées.
  • Dans le cas des dallages sur terre-plein, proscrire la pose collée directe et mettre en œuvre une des 3 solutions prévues par le NF DTU 53-2 :
    • réaliser une chape sur un film de polyéthylène pare-vapeur ;
    • coller le revêtement de sol plastique sur une couche de diffusion ;
    • mettre en œuvre un pare-vapeur sur support béton grenaillé, associé à un enduit de préparation de sol. La technique du pare-vapeur impose la réalisation d'un dallage armé.

    Les deux dernières solutions relèvent de la procédure d'Avis Technique.
  • Coupe de plancher sur terre-plein
  • Veiller aux conditions de pose.
    Le NF DTU 53.2 impose le respect de conditions hygrothermiques lors de la pose (support éloigné de 4,5 % du point de rosée), qui peuvent se traduire­ par la nécessité de préchauffer les locaux avant la pose.

L'essentiel

  • Établir un planning en prenant compte des temps de séchage du support.
  • Évacuer au maximum l'humidité du support, en respectant la teneur hydrique du support ou à défaut en préchauffant les locaux avant pose.
  • Travailler sur un support propre.
  • Proscrire la pose collée directe sur les dallages sur terre-plein.

A consulter

  • NF DTU 53.2 : Revêtements de sols plastiques collés.
  • NF DTU 26.2 : Chapes et dalles à base de liants hydrauliques.
  • NF DTU 65.14 : Exécution des planchers chauffants à eau chaude.
  • NF T76-011 : Adhésifs - Classification des principaux adhésifs.
  • Mémo Chantier Sols souples collés de l'Agence Qualité Construction.
Date de parution
Septembre 2013