Fiche pathologie bâtiment - Désordres après reprise sur des ravalements de façades en plâtre


Fiche numéro D4
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Le constat

Si la reprise complète des façades au mortier de plâtre ne donne lieu qu'à peu de désordres, en revanche les finitions de type peinture sont souvent affectées de cloquages, décollements et fissurations.

Le diagnostic

Les ravalements de façades en plâtre «type parisien» se font classiquement :

  • Par piochage complet de la façade et reprise à l'aide d'un mortier de plâtre, sable et chaux.

    Les façades qui ont été entièrement reprises ne connaissent de dégradation que lorsque la composition du mortier de plâtre n'a pas été respectée (cf. NF DTU 26.1). La chaux joue un rôle capital dans la tenue au ruissellement. Une analyse de la composition du mortier, sur un échantillon confié à un laboratoire, permettra de confirmer le diagnostic ;
  • Par piochage partiel de la façade, reprise des plâtres endommagés et application d'une finition à vocation purement décorative ou d'un revêtement d'imperméabilité.

    Ce type de finition permet d'uniformiser visuellement les surfaces. Dans le cas de films minces, sans souplesse, qu'il s'agisse de peinture à la chaux, à base de pliolite ou à base de résines acryliques, les différences de propriétés physiques et mécaniques entre les matériaux supports conduisent inévitablement à des fissurations en périphérie des réparations.

    De plus, les réparations sont souvent faites en plâtre pur, sous prétexte qu'elles seront recouvertes et donc protégées. Or le plâtre se charge d'eau par transfert de vapeur. Le résultat rappelle rapidement l'aspect des vieux murs de salles de bains, entièrement écaillés.

    Pour pallier les problèmes de retrait à la limite de deux mortiers différents, dans le cadre de reprises partielles de plâtre, il est possible d'appliquer des revêtements d'imperméabilité. Leur souplesse permet d'absorber les inévitables fissurations. Certaines pathologies leur sont toutefois propres : ces produits imperméables à l'eau liquide et assez peu perméables à la vapeur d'eau peuvent être le siège de cloquages (eau enfermée à l'arrière du film ou transferts de vapeur d'eau trop importants).

Les bonnes pratiques

  • Bien réfléchir en amont, le ravalement d'une façade en plâtre suppose de gérer les protections à l'encontre des ruissellements d'eau.

Protection des bandeaux

  • Bien connaître le phénomène de perméance de la façade :
    • si, dans le cadre d'une réhabilitation, on change un revêtement d'imperméabilité et on change aussi les fenêtres du bâtiment, les possibilités de transfert de vapeur d'eau (par les façades et par les encadrements de fenêtre) sont réduites. Il est impératif de choisir le revêtement d'imperméabilité, entre autre, en fonction de son classement V0 à V3 (perméabilité à la vapeur d'eau) et d'ajouter un système de ventilation, s'il n'existe déjà. Sinon, les transferts de vapeur excessifs au travers des parois aboutiront à des condensations à l'arrière du film imperméable et à son décollement. De plus, les éventuels pans de bois encastrés pourront en souffrir gravement ;
    • mesurer le risque lié au renforcement thermique de la façade.
  • Se prémunir, même en milieu urbain, contre les remontées capillaires.
  • Revoir, à l'occasion du ravalement, l'étanchéité horizontale des balcons, source de nombreux désordres.
  • Pour éviter les ruissellements d'eau de pluie, recouper les façades à chaque niveau de plancher par un bandeau saillant recouvert de zinc et muni d'une goutte d'eau.

L'essentiel

  • Protéger les enduits dans les conditions prévues par le DTU 26.1, et le NF DTU 42.1 (chapitre 7-2-2) pour ce qui est des revêtements d'imperméabilisation à base de polymère.
  • Faire appel à un professionnel averti des phénomènes de perméance.

A consulter

  • NF DTU 26.1 : Travaux d'enduits de mortier.
  • NF DTU 42.1 : Réfection des façades en service par revêtement d'imperméabilité à base de polymères.
  • DTU 59.1 : Travaux de peinture des bâtiments.
  • DTU 59.2 : Revêtements plastiques épais sur béton et enduits à base de liants hydrauliques.
Date de parution
Septembre 2013