Fiche pathologie bâtiment - Mouvements de fondations de maisons individuelles : mouvements exceptionnels en sols sensibles

Fiche pathologie bâtiment - Mouvements de fondations de maisons individuelles : mouvements exceptionnels en sols sensibles

Fiche numéro A2
Body

Le constat

Les argiles dites « gonflantes » sont dangereuses pour les fondations : tassements en période de sécheresse, soulèvements quand les argiles se réhydratent.
Cette alternance de tassements et de soulèvements provoque des dégâts dans les murs, car ils se font de façon hétérogène sous les fondations. Dans les cas graves, les fissures peuvent atteindre une largeur de 30 à 40 mm (on parle alors de lézardes) et peuvent nécessiter la déconstruction totale de l'ouvrage.

Elles peuvent aussi impacter les aménagements extérieurs (trottoirs, escaliers…), les voiries d'accès, les réseaux d'eau enterrés, …

Le diagnostic

En alternance saisonnière normale, les variations de teneur en eau perturbent l'équilibre hydrique sur moins d'un mètre de profondeur des sols dits gonflants (argiles à prédominance de montmorillonite).

De même, une sécheresse prolongée peut entraîner une forte évaporation d'eau entre la surface et le banc argileux sur une profondeur de 2 à 4 m (voir schéma). Ce phénomène provoque une importante diminution du volume du sol argileux, ce qui se traduit par un retrait pouvant atteindre une dizaine de centimètres.

Profil hydrique des sols argileux

Ces mouvements du sol ne sont pas uniformes sous les bâtiments car ceux-ci forment un écran contre l'évaporation. Des efforts différentiels importants apparaissent donc entre le centre du pavillon et sa périphérie, d'où l'apparition de fissures ou de lézardes.

Ce processus est aggravé par la présence, à proximité du pavillon, de certaines végétations dont les besoins en eau sont importants : chênes, peupliers, frênes, saules …

La nature même des argiles concernées peut donner naissance, lors d'une période ultérieure très pluvieuse, à un phénomène opposé de gonflement qui tend à refermer les fissures.

Les pavillons implantés sur ce type d'argile à prédominance de montmorillonite sont habituellement soumis à des cycles de retrait et de gonflement, notamment au niveau des parties les plus directement exposées, situées en périphérie. Si la partie centrale du pavillon peut apparaître plus stable à court terme, elle pourra subir à plus long terme les effets d'un gonflement progressif de grande amplitude.

Celui-ci peut être dû à un apport continu d'eau en période pluvieuse sous l'effet de remontées de nappes phréatiques, par exemple, suivi de l'impossibilité d'évacuer cet excès d'eau en saison plus sèche, à une rupture d'une canalisation, ou à l'accumulation d'eau de ruissellement en amont de la maison conjugué à une absence de drainage.

Les bonnes pratiques

  • Consulter en amont des cartes géologiques sur : http://www.argiles.fr/ . 
  • Repérer si le terrain se trouve sur une zone concernée par le phénomène d'argiles gonflantes. 
  • Faire une étude de sol pour connaître les principales caractéristiques géotechniques et la transmettre au BET structures.
    Des essais en laboratoire (limites d'Atterberg, essai à l'œdomètre) sont indispensables pour reconnaître précisément le type de sol rencontré et le potentiel de gonflement de toute couche argileuse douteuse.
  • Vérifier l'existence locale d'un PPR (Plan de prévention des risques) spécifique, et prendre les précautions nécessaires :
    • éloigner la construction des arbres, ou recourir à des écrans anti-racines ;
    • ancrer plus profondément et de manière homogène la construction : profondeur minimum de - 0,80 m en aléa faible à moyen, de -1,20 m en aléa fort ;
    • rigidifier la structure (chaînages verticaux et horizontaux) ;
    • prévoir un joint de rupture entre les ouvrages (la maison et le garage, par exemple) ;
    • limiter l'évaporation au sol près des maisons (terrasse ou géomembrane).
  • Prévoir un système de drainage périphérique de la construction, en veillant à sa continuité, à son étanchéité au niveau des raccords ; et à la bonne évacuation des eaux collectées (respect fil d'eau),…

L'essentiel

  • Consulter le site www.argiles.fr.     
  • Faire réaliser une étude géotechnique par un BET spécialisé et l'étude béton qu'elle induit.
  • Descendre le fond de fouille (-0,80 m à -1,20 m selon aléa).
  • Éloigner la végétation,
  • Prévoir la bonne circulation et évacuation des eaux pluviales

A consulter

  • www.georisques.gouv.fr
  • Reconnaissances de sol :
    • NF P94-500 : Missions d'ingénierie géotechnique - Classification et spécification.
    • NF EN 1997-2 : Eurocode 7, Reconnaissance des terrains et essais
  • Mise en œuvre :
    • DTU 13.11 : Fondations superficielles.
  • Calcul :
    • NF EN 1997-1 : calcul géotechnique (Eurocode 7) + son Annexe nationale
Date de parution
Novembre 2015

Nous vous recommandons aussi

Fiche

Fiche pathologie bâtiment - Désordres affectant les balcons

Fiche pathologie bâtiment - Désordres affectant les balcons

Publication

Rénover son habitation : rénovation d'une façade

Rénover son habitation : rénovation d'une façade

Photo

Concours Photo 2012 - Infrastructure/Structure

Concours Photo 2012 - Infrastructure/Structure

Photo

Concours Photo 2012 - Infrastructure/Structure

Concours Photo 2012 - Infrastructure/Structure