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Le constat

Le raccourcissement des délais de construction, les contraintes esthétiques et une mise en œuvre déficiente sont à l'origine de la plupart des fissurations et décollements des carrelages de sol.

Le diagnostic des désordres

La mince membrane que constitue le carrelage traduit rapidement les carences de son support et de sa mise en œuvre. Les dommages les plus fréquemment rencontrés sur les surfaces carrelées sont :

La fissuration

La fissuration, qui se développe linéairement dans diverses directions, notamment aux emplacements les plus sensibles (angles rentrants ou saillants ; passage de porte, charge concentrée,…). Elle traduit une déformation des couches constituant le support du carrelage due à :

Le décollement des carreaux

Le décollement des carreaux a pour causes principales :

  • une mauvaise préparation du mortier de pose ou une mise en œuvre qui n'optimise pas l'adhérence, surtout si le carrelage est peu poreux ou relativement lisse en sous-face ;
  • une préparation insuffisante du support (traces de plâtre ou présence de poussières réduisant l'adhérence, défaut de planimétrie entraînant des surépaisseurs de colle,…) ;
  • une mise en œuvre de la colle ne respectant les prescriptions du fabricant (temps d'ouverture, simple ou double encollage,…).

Le soulèvement

Le soulèvement peut survenir de façon brutale après un réchauffement rapide du carrelage, alors que le support est encore à une température inférieure, ou après retrait du gros-œuvre dans les premières années.

La cause principale est une mise en compression du revêtement due :

  • au retrait du support si le carrelage est posé prématurément ;
  • aux variations dimensionnelles thermo-hygrométriques ;
  • à l'absence de joints périphériques et de fractionnement ;
  • à la flexion des planchers.

Si à ces différents facteurs s'ajoutent un collage ou un scellement défaillant, le revêtement carrelé se soulève par flambement.

Nombre de fissures ont pour origine l'incorporation de canalisations (électricité, plomberie) dans le mortier de pose (amoindrissement localisé de son épaisseur), une pratique pourtant interdite de longue date.

Les points sensibles

Pour les revêtements scellés :

  • Le NF DTU 52.1 (NF P61.202) Revêtements de sols scellés ;
  • Le DTU 26.2 (NF P14.201) Chapes et dalles à base de liant hydraulique.
  • Le DTU 26.2/52.1 - Partie commune aux DTU 26.2 et 52.1 Mise en oeuvre des sous-couches isolantes sous chape ou dalle flottante et sous carrelage.

Pour les revêtements collés :

  • Le NF DTU 52-2 P1-1-3 Pose collée des revêtements céramiques et assimilés - pierres naturelles - Cahier des clauses techniques types pour les sols intérieurs et extérieurs.
    Note : Ce DTU est applicable pour carreaux classés P3 au plus et de format de allant jusqu'à 3600 cm² ;
  • pour les grands carreaux (format supérieur à 3600 cm²) : cahier CSTB 3666 : CPT Sols Grands Formats - Travaux neufs ;
  • pour les revêtements P4 : cahier CSTB 3526 : CPT Sols P4/P4S - Travaux neufs.

L'essentiel

Vérifier :

  • les conditions de pose du carrelage (délais de séchage et nature du support) ;
  • la présence de joints (périphériques et de fractionnement) ;
  • le simple ou le double encollage des carreaux ;
  • l'épaisseur et la qualité du mortier de pose ;
  • la planimétrie du support en cas de pose collée ;
  • la qualité de l'isolant (compressibilité) ;
  • le positionnement du treillis dans la chape.

La mise en oeuvre d'un carrelage sur un plancher chauffant ne peut se faire qu'après arrêt de l'installation 48 h avant. La remise en service ne peut avoir lieu qu'au moins sept jours après la fin des travaux de revêtement.